Si j’étais maire de Québec (Part I): Informatique

February 17th, 2009 by francoisbedard Leave a reply »

Premier texte d’une série de … (on verra!)

La ville de Québec gère un parc informatique important, mais au lieu de profiter de la masse critique qu’elle a atteinte depuis les fusions municipales en 2001 pour s’émanciper des éditeurs de logiciels propriétaires et des firmes de consultants qui leur revendent le même code qu’ils ont développé pour d’autres municipalités (un peu comme les rapports identiques vendus plusieurs fois au gouvernement fédéral, tels que dévoilé lors de la Commission Gomery sur le scandale des commandites).

Chaque sou dépensé sur des logiciels propriétaires appauvrit la population de la ville, car les principaux éditeurs de logiciels sont situés à l’étranger et ne permettent pas aux informaticiens de Québec de développer et vivre de leur expertise. Certains disent que Barack Obama sera le premier président “open source”. Qu’attendons-nous donc pour avoir un premier maire (ou une première mairesse) “libre” (“open source”)?

Des actions radicales (i.e. qui vont à la ‘racine‘ du problème) sont donc nécessaires:

  1. Dès mon entrée en fonction, un moratoire sera immédiatement instauré sur tout achat de logiciels propriétaires (y compris les mises-à-jour,  “assurances” et entretien) pour toute la durée de mon mandat.  La ville de Québec a prospéré pendant plus de 350 sans ces logiciels et elle devra réapprendre à le faire.
  2. À partir du 1er janvier 2011, aucune application ou logiciel non-libre (même gratuit) ne pourra être utilisé par la ville sans un vote majoritaire au conseil municipal.
  3. En collaboration avec la FQM, l’UMQ et toutes les autres municipalités et MRC du Québec, un site web collaboratif www.forgesmunicipales.qc.ca sera créé, où le code source* de toute nouvelle application ou programme ayant été développé pour ou par la ville y sera déposé, en licence publique GNU, communément appelée “GPL”, et pourra être téléchargé, utilisé, étudié et amélioré par toutes les autres municipalités pour le bénéficie de tous.  À titre d’exemple, voir les sites www.sourceforge.net ou encore plus près de nos besoins, celui de l’Association des Développeurs et des Utilisateurs de Logiciels Libres pour l’Administration et les Collectivités Territoriales (www.adullact.org) en France, regroupant des centaines de mairies et de collectivités françaises.
  4. Sur le même principe, le code source de toute application ou programme existant ayant été payé ou développé par la ville sera déposé sur le site www.forgesmunicipales.qc.ca.
  5. Un appel à tous sera lancé à toutes les municipalités du Québec afin de mettre en commun tout le savoir informatique afin de répondre adéquatement et sans utilisation de logiciels propriétaires aux besoins communs des municipalités.
  6. Afin de coordonner les efforts et les avancées des projets des points ci-hauts, la ville initiera avec ses partenaires du monde municipal la fondation d’un mouvement collaboratif à l’échelle provinciale, inspiré de l’ADULLACT (www.adullact.org).
  7. Tous les documents rendus disponible aux citoyens, contribuables, entreprises et fournisseurs par la ville doivent obligatoirement être offerts dans des formats libres et ouverts, i.e. ODF (ISO/IEC 26300:2006), HTML (ISO/IEC 15445:2000) ou PDF (ISO 32000-1).
  8. La ville doit accepter de ses citoyens, contribuables, partenaires, entreprises et fournisseurs tous documents transmis sous ces formats (ODF, HTML, PDF).
  9. À l’opposé, la ville ne s’engagera plus à accepter de ses citoyens, contribuables, entreprises et fournisseurs des documents dans des formats non-ouverts.
  10. Pour réaliser les 3 points précédents, la ville migrera avant le 1er janvier 2011 toutes les suites bureautiques des employés de la ville vers la suite OpenOffice.org et embauchera des stagiaires étudiants à l’été 2010 pour former tous ses employés.
  11. La ville cessera immédiatement de financer, publiciser, héberger dans ses locaux ou de collaborer à toute formation basée sur des logiciels propriétaires.
  12. Pour donner accès aux plus grand nombre possible de ses citoyens aux dernières technologies logicielles, que sont les logiciels libres, la ville financera des formations à prix modique sur Linux et les logiciels libres dans chaque arrondissement pour tous ses citoyens.
  13. La ville complètera la libération de son système d’information en migrant tous ses systèmes informatiques et postes de travail sous Linux avant le 1er janvier 2012.
  14. Tous les sites et applications web de la ville répondront aux normes du W3C et seront accessibles de tout fureteur répondant à ces standards, peu importe le système d’exploitation utilisé.
  15. Tous les sites et applications web de la ville seront accessibles aux personnes handicapées, en respectant les recommandations “Web Content Accessibility Guidelines (WCAG) 2.0″ du W3C.
  16. La technologie des clients légers sera étudiée et implantée partout où il sera possible et rentable de le faire, selon une évaluation à très long terme.  D’importants coûts énergétiques et émission de GES seront ainsi éliminés.
  17. Pour célébrer les logiciels libres et leur impact positif dans nos vies, les dates suivantes doivent être déclarées journées fériées et payées pour les employés de la ville: le 16 mars (date de naissance de Richard Stallman), le 28 décembre (date de naissance de Linus Torvald). Je dois avouer que cette dernière sous-proposition est quelque peu farfelue, ne répond à aucun besoin réel et apporte peu, tout comme le simulateur de vol caché dans Microsoft Excel donc…

Si vous habitez ailleurs qu’à Québec, s.v.p. transmettre ces propositions aux candidats de votre municipalités et solliciter leur appui.

* : Pour les non initiés, le code source peut être comparé à la recette de gâteau et le programme, au gâteau lui-même.  Si le gâteau coûte quelque chose, en raison des matériaux et des ressources nécessaire pour le cuisiner, distribuer gratuitement la recette ne devrait rien coûter.  Voir mes billets précédents, qui tentent d’expliquer ce qu’est le logiciels libre.

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2 comments

  1. Nic says:

    François, tu devrais aussi t’intéresser à ce projet open source en cartographie web participative : http://www.openstreetmap.ca/ et http://fr.wikipedia.org/wiki/OpenStreetMap car la ville de Québec pourrait faire sa marque et devenir la 2e ville la mieux cartographiée au monde (après Atlanta : http://news.bbc.co.uk/2/hi/8305924.stm). Cette philosophie de démocratisation en géomatique aussi peut s’intégrer dans le développement informatique “libre” d’une ville, avec une armée de citoyens pouvant améliorer le contenu cartographique de la ville, cette vision ouverte et transparente donne le pouvoir à la communauté d’améliorer le service donné aux citoyens et ce, sans embûche restrictive dans les licenses ($$$) sur les données municipales en géomatique. Présentement, une seule ville au Québec permet l’utilisation gratuite et libre de ses données municipales brutes en géomatique et c’est Sherbrooke.

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